Une visite très instructive chez APC Nutrition
C'est toute une chance que votre reporter de Protégeons Verchères a eu d'obtenir la permission de visiter l'usine d'APC Nutrition. Sûrement que plusieurs préjugés tomberont à la lecture de cet article.
Commençons d'abord par l'entrée dans l'usine qui est d'une propreté exemplaire. L'usine est régie par le MAPAQ et aussi par l'Agence Canadienne d'inspections des aliments. Donc, en tout temps, l'entreprise doit conserver des normes de salubrité comme toute autre usine de transformation ou fabrication d'aliments.
L'entreprise a ouvert ses portes à Verchères en 1994 malgré l'opposition de plusieurs citoyens. C'est donc dans le tumulte que naît cette entreprise dans la municipalité. La même année, les activités d'APC Nutrition Inc. sont reconnues par la loi comme constituant un service public essentiel. La contribution d'APC Nutrition à la protection de la santé publique et de l'environnement est primordiale.
Mon hôte, pour cette visite, sera M. André Chenail directeur de l'usine de Verchères et de Calgary. Il parle de l'usine avec passion et y connait les moindres détails de la production en partance de l'usine d'abattage jusqu'au produit fini prêt à livrer partout à travers le monde. Les États-Unis, le Mexique, la Colombie et la Chine sont une infime partie des pays dans lesquels APC vend ses produits.
L'usine traite le sang en provenance des abattoirs de porcs du Québec et de l'Ontario pour en faire des suppléments destinés à l'alimentation animale, produits qui sont commercialisés internationalement. Le plasma et les globules rouges sont séparés et transformés en produits finis destinés aux marchés de la nutrition animale, de la pisciculture et de la médecine vétérinaire. Elle emploie 18 personnes dont 16 de Verchères. C'est une priorité pour les administrateurs de créer des emplois locaux.
Premièrement chose très importante à mentionner, aucun produit non comestible, n'entre dans la fabrication de cette farine animale. Tout le sang de porcs reçu est frais et gardé réfrigéré à une température telle que vous pourriez, sans aucun danger, fabriquer votre propre boudin. La chaine de froid est un élément plus qu'important dans tout ce procédé de transformation à partir de l'abattoir jusqu'à l'usine et au produit fini.
L'usine de Verchères reçoit quotidiennement 6 camions citerne remplis de sang frais de porc, et chacun des camions est vidé séparément et le processus commence. Dès que le sang est pompé, il est transféré dans une centrifugeuse séparant le plasma des globules rouges. Par la suite soit le plasma ou les globules rouges, sont soufflés en très fines parcelles dans une cuve de cuisson à 600 degrés F. Le sang est donc immédiatement transformé en fine poussière qui forme une farine et tombe dans des sacs d'environ 25Kg et dans d'autres allant jusqu'à près de 1250Kg. En aucun temps le sang avant d'arriver au séchoir ne doit être réchauffé et doit conserver une température maximum de 44 degrés F.
Un laboratoire inspecte chaque échantillon de sang à la sortie de l'abattoir et à l'entrée de l'usine pour en assurer la qualité et la fraîcheur. Les deux-tiers de la superficie de l'usine de Verchères servent à l'entreposage du produit fini avant d'être envoyé partout à travers le monde. Plus de 4 millions de livres peuvent être entreposées dans les locaux de l'usine.
En 2008, l'usine de Verchères a fait face à un gros problème d'odeurs dû au système de réfrigération. Depuis le début 2009, tout le système a été remplacé par un ultra moderne. Les eaux usées qui elles sont odorantes sont transférées directement à l'usine de traitement des eaux usées de Verchères. À part cela ne cherchez pas d'odeur épouvantable dans l'usine, vous n'en trouverez pas. Une usine propre, tranquille où il fait sûrement bon travailler, car les employés que j'ai rencontrés semblaient tous fiers d'y être.
De plus APC Nutrition est un citoyen corporatif de premier ordre pour le village, ayant participé au financement de l'agrandissement de la maison des jeunes en plus de participer à nombre de commandites pour les organismes locaux. C'est une somme de plus de 30,000$ par année qui est ainsi remise dans la collectivité sans compter le salaire des employés.
Donc à l'usine d'APC on recueille une matière en fin de cycle qui, sans traitement ni valorisation, serait polluante et sans aucune utilité. APC donne une seconde vie à ces matières en les transformant en produits utiles, propres et très recherchés par les maternités porcines.
Christian Desmarteaux
Le séchoir et l'usine

